Depuis quelques temps votre chat miaule beaucoup, voire sans arrêt et vous ne savez pas pourquoi ? Vous ne comprenez pas s’il veut manger, sortir ou juste attirer votre attention ?

Pour vous aider à mieux comprendre votre félin, nous avons rencontré Brunilde Ract-Madoux, éthologue spécialiste du chat, qui a accepté de répondre à nos questions.

Quels sont les différents types de miaulements et dans quels contextes interviennent-ils ? Certaines races sont-elles plus bavardes que d’autres ?

Quand faut-il s’inquiéter et consulter un vétérinaire ?  Quelles sont les pathologies médicales ou les problèmes comportementaux liés à des miaulements intempestifs ?

Et surtout, comment aider mon chat à retrouver plus de sérénité ?

Découvrez toutes nos solutions dans cet article !

On vous présente Brunilde Ract-Madoux !

Photos : Brunilde Ract-Madoux et ses deux chats – Tous droits réservés

Ethologue et consultante depuis de nombreuses années, Brunilde a suivi un parcours atypique :  tout d’abord assistante vétérinaire, elle décide de passer un Master en éthologie pour observer les animaux et comprendre les mécanismes de leur comportements et leurs apprentissages.

Dans un premier temps, elle se spécialise dans le bien-être des animaux sauvages en captivité (aménagement et enrichissement des enclos…). Puis, lors de son arrivée au refuge pour animaux domestiques, AVA (Agir pour la Vie Animale), elle commence à se consacrer à l’étude du comportement des chiens et des chats.

Peu à peu, se spécialiser dans le comportement du chat devient pour elle une évidence et cette passion ne l’a plus quittée depuis !

En 2013, elle créé son entreprise avec 3 activités complémentaires :

une activité de recherche et étude comportementale du chat,

une activité de comportementaliste pour accompagner les particuliers ayant besoin d’aide pour mieux comprendre leur chat et améliorer certaines problématiques comportementales,

une activité de formatrice.

Quels sont les différents types de miaulements et dans quels contextes interviennent-ils ?

Alors, tout d’abord, il faut savoir que le chat va émettre différentes vocalisations qu’il effectue selon le contexte.

Par exemple, dans une situation positive, le chat peut émettre la vocalise appelée « le trille » (ou roucoulement) qui est une vocalise amicale, ou bien utiliser le ronronnement pour manifester son contentement (le ronronnement peut aussi exprimer un mal-être du chat dans certaines situations).

Dans un contexte plutôt « négatif » où le chat est en colère ou a peur, il peut grogner, gronder, cracher ou feuler.

Il existe en fait une grande variété de vocalises chez le chat. Ainsi, en période de reproduction, pour les animaux qui ne sont ni stérilisés ni castrés, il existe aussi une sorte de miaulement que l’on appelle « signal d’appel sexuel » avec des vocalisations très particulières.

Qu’en est-il du miaulement dit « classique ? »

Si l’on en revient au « miaulement classique », initialement, c’est une vocalisation que l’on va entendre entre les chatons et leur mère mais rarement entre chats adultes.

Par contre, le miaulement va également être très présent dans les interactions entre chats et humains. On explique d’ailleurs le développement de cette vocalisation par l’apparition de la domestication et sans doute la sélection de races particulières.

En fait, le chat va émettre différents miaulements pour formuler une demande (faim, sortie, câlin…) auprès de l’humain, mais aussi en fonction de son état émotionnel et de son identité propre.

Il faut savoir que, dans un même contexte et pour demander la même chose, deux chats ne vont pas miauler de la même façon. Cela est lié aux apprentissages propres à chaque individu.

Certaines races sont-elles plus « bavardes » que d’autres ?

Oui, certaines races, qui font partie du type oriental, sont considérées comme plus bavardes : le balinais, le mandarin, l’oriental, le siamois…

Les concernant, on pense à une prédisposition génétique, en plus du renforcement* de la part de l’humain.

Le siamois est une race « bavarde ».

Les miaulements nocturnes ont-ils une signification particulière ?

En fait, contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’y a pas de miaulement « spécifique » à la nuit : les miaulements sont toujours fonction du chat et du contexte.

On croit souvent que le chat est un animal nocturne. En fait, c’est un animal crépusculaire, avec des pics d’activité à l’aube et au crépuscule, liés à son rythme de chasse à l’état naturel. Il y a donc certes un rythme commun à tous les individus de la même espèce mais chaque chat a aussi ses spécificités.

Ainsi, si votre chat miaule plus fréquemment la nuit, il peut s’agir d’une désorientation ou d’un mal-être dû au fait de se retrouver seul, dans le noir, sans présence humaine. D’ailleurs ce peut être le cas du chat vieillissant.

Quant aux jeunes chats, ils peuvent être très actifs la nuit et miauler pour solliciter les humains. Généralement, en grandissant, les chats vont avoir tendance à caler leur rythme de vie sur celui des humains.

Quand faut-il s’inquiéter et consulter un vétérinaire ?

En général, il faut vérifier tout changement comportemental brutal de l’animal. Donc en cas de miaulements plus fréquents et plus intenses, mieux vaut privilégier une consultation chez le vétérinaire ou au moins passer un appel à son cabinet pour exclure tout problème médical urgent.

Des miaulements inhabituels peuvent en effet parfois indiquer une pathologie médicale (hyperthyroïdie, troubles cognitifs…) mais aussi une douleur liée à un problème de santé, comme de l’arthrose ou des troubles digestifs. Des miaulements plus fréquents peuvent aussi simplement être dus au vieillissement de l’animal, qui induit des changements comportementaux.

Une fois le problème médical exclu, quelles sont les solutions pour réduire les miaulements excessifs de son chat ?

Si toute pathologie médicale est écartée et que l’animal est en bonne santé, il faut essayer de comprendre pourquoi votre chat miaule plus que d’habitude ou de manière plus intense.

Par exemple, ces miaulements peuvent signifier que votre chat se trouve dans un environnement qui ne lui convient pas ou qu’il est stressé par une situation (présence d’autres chats, impossibilité de sortir la nuit…).

Mais l’explication la plus fréquente, pour des miaulements nocturnes notamment, est l’ennui : en miaulant le chat sollicite de l’activité auprès de son propriétaire.

Dans ce cas, cela peut être le travail d’un vétérinaire comportementaliste ou d’un comportementaliste indépendant que de répondre aux besoins de stimulation du chat.

Il y a de nombreuses propositions à faire comme enrichir son environnement physique et l’aménager en 3 dimensions :  lui donner la possibilité d’aller en hauteur, plus de possibilités d’exploration, installer un arbre à chat par exemple…

On va également lui proposer des activités mentales et physiques et s’amuser avec lui plusieurs fois par jour. Pour les problèmes de miaulements nocturnes, on peut instaurer une séance de jeu avant le coucher puis la faire suivre d’un bon repas pour faciliter l’endormissement (pour quelques heures). Il est également possible de proposer au chat des gamelles ludiques pour stimuler son comportement alimentaire apparenté à la chasse.

Un dernier conseil pour réduire les miaulements intempestifs ?

En parallèle de l’enrichissement de l’environnement de votre chat, il vous faudra parfois apprendre à ignorer ses miaulements (surtout la nuit) pour qu’il ne perçoive pas votre réponse (lever, parole, nourriture) comme un « renforcement positif » et que cette habitude cesse au bout de 8/10 jours.

Cette technique peut également être appliquée en journée, d’autant plus en cette période où beaucoup de personnes télétravaillent. En effet, du fait de la présence de leur maître à la maison, certains animaux vont parfois développer un attachement un peu excessif et avoir tendance à le sursolliciter. Il est donc important de ne pas leur répondre sur le coup et de leur proposer autre chose (jeu, sortie…) à un autre moment.

En revanche, vous pouvez renforcer certaines vocalisations que vous trouvez plus plaisantes, comme le trille que le chat effectue à chaque retrouvaille avec vous.

* renforcement positif : lorsque l’humain « encourage » le miaulement de son chat par une réponse immédiate type friandise, caresse ou parole.

Un grand merci à Brunilde Ract-Madoux pour nous avoir aidés à décoder les miaulements du chat et à mieux répondre à ses besoins.

Pour en savoir plus sur le comportement de nos compagnons à 4 pattes, retrouvez son premier livre « Le comportement de mon chat » aux éditions 1Healthmedia et sa page Facebook .

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