En résumé : 

1/Généralités sur les facteurs d’appétence

-Qu’est-ce qu’un facteur d’appétence et quel est son rôle ?

-Dans quels contextes les facteurs d’appétence sont-ils utilisés ?

-Comment évalue-t-on leur efficacité ?

2/L’utilisation des facteurs d’appétence dans la petfood

-Dans les aliments secs

-Dans les aliments humides

3/Pourquoi pouvons-nous nous passer des facteurs d’appétence dans nos Mijotés ?

-Grâce à la composition de l’aliment

-Grâce à la qualité des ingrédients

-Les limites et avantages du process de conservation pour l’appétence par rapport à un aliment cuisiné frais

Nos amis à poils sont parfois tout aussi difficiles que des enfants en matière d’alimentation. Ils peuvent jusqu’à refuser de manger simplement parce que la nourriture ne leur plaît pas. Il est donc important de leur choisir une nourriture adaptée et appétente. Afin d’assurer l’appétence de l’alimentation, des facteurs d’appétence sont parfois ajoutés pour stimuler l’appétit de votre animal.

1/Généralités sur les facteurs d’appétence

a – Qu’est-ce qu’un facteur d’appétence et quel est son rôle ?

Un facteur d’appétence est un ingrédient supplémentaire à la formulation de l’aliment qui va modifier les propriétés organoleptiques (odeur, goût, aspect, texture) de l’aliment afin de la rendre plus appétente. Les facteurs d’appétence modifient l’odeur, le goût et la texture de l’aliment ; ainsi votre animal aura bien plus envie de manger cet aliment que s’il n’y avait pas de facteurs d’appétence.

Les facteurs d’appétence doivent être équilibrés, ne pas s’altérer dans le temps et ne pas altérer la couleur ou la viscosité de l’alimentation (De Ratuld A. et al, 2006).

NB : Certains facteurs d’appétence sont des additifs sensoriels notamment des substances aromatiques qui modifient également l’odeur et la palatabilité (le goût et la texture) dans le but d’augmenter l’appétence de l’alimentation (AFSSA, 2005).

b – Dans quels contextes les facteurs d’appétence sont-ils utilisés ?

Les facteurs d’appétence peuvent être utilisés dans des buts différents (Diana Petfood, 2021):

Chat qui renifle de la nourriture humide de type pâtée pour chats.
  • Pour améliorer l’odeur et l’aspect visuel, pour que l’animal comme le maître soient satisfaits
  • Pour pallier un manque d’ingrédients naturellement appétents dans l’alimentation, notamment pour des produits diététiques comme des friandises faibles en calories, des aliments pour animaux aux besoins particuliers (animaux âgés, malades ou en convalescence, stérilisés, obèses …)
  • Pour que l’industriel se différencie avec une alimentation à l’odeur particulière (odeur de viande, de sucre, de fruits de mer, lactée, végétale, de fraîcheur…)

c – Comment évalue-t-on leur efficacité ?

Pour évaluer l’appétence d’un aliment, on réalise des tests sur des animaux en chenil ou chatterie dans un premier temps (on réalise ensuite des tests chez des particuliers afin de prendre en compte l’environnement et avoir un retour de la part des propriétaires sur leur perception de l’aliment). Il existe deux types de tests (Doc Animaux et Meyrueix A., 2013) : 

  • Les tests de préférence : on propose deux aliments différents à l’animal et on observe d’une part vers lequel il se dirige en premier et d’autre part la consommation finale des deux aliments.
  • Les tests d’acceptation : on propose cette fois un seul aliment à l’animal et on observe soit la quantité mangée en un temps donné, soit le temps nécessaire pour manger la quantité donnée.
chien de petite taille devant une gamelle d'alimentation sèche de type croquettes industrielles

2/L’utilisation des facteurs d’appétence dans la petfood

Les facteurs d’appétence existent sous différentes formes (Diana Petfood : Appetizer, 2019) : 

  • Les poudres : elles contiennent des composés sapides qui sont particulièrement appétents pour les chats. Elles sont faciles d’utilisation et très efficaces, l’appétence est fortement augmentée même en ajoutant très peu de poudres.
  • Les liquides : ils augmentent la concentration de l’animal sur sa nourriture et l’animal commence à manger plus rapidement sa nourriture avec moins de méfiance, la reconnaissance et l’attractivité est fortement augmentée.


a – Dans les aliments secs

Pelletée de croquettes industrielles

Les facteurs d’appétence responsables de l’odeur et du goût doivent être accessibles au premier abord par l’animal (à leur nez et leur langue). Ils sont donc ajoutés dans l’enrobage des croquettes, après la cuisson de celles-ci.

L’enrobage doit être uniforme et bien dosé. Pour cela, il est réalisé en plusieurs couches successives : on retrouve donc autour de la croquette d’abord la graisse, puis le facteur d’appétence liquide et pour finir, le plus à l’extérieur, en contact direct avec l’animal, le facteur d’appétence en poudre (Diana Petfood : Appetizer, 2019).


b – Dans les aliments humides

Dans les aliments humides il est important de bien mélanger les facteurs d’appétence (en poudre ou liquide) de façon homogène dans l’ensemble de l’aliment. Ainsi, l’animal acceptera de tout manger jusqu’au bout, sans laisser de côté des morceaux qui pourraient ne pas contenir autant de facteurs d’appétence.

3/Pourquoi pouvons-nous nous passer des facteurs d’appétence ?

a-Grâce à la composition de l’aliment

Pour mieux comprendre l’appétence, n’hésitez pas à vous référer à notre article sur l’appétence chez le chat et à celui sur l’appétence chez les chiens.

Les chiens vont préférer des aliments à odeur de viande. Leurs viandes préférées sont dans l’ordre de préférence : le bœuf, le porc, l’agneau, le poulet puis le cheval. Le chat lui préfère d’abord le poisson, puis le bœuf, le cheval, le porc, le poulet et pour finir les abats (Diard N., 2004).

Nos Mijotés pour chien ou pour chat sont soit à base de poisson, porc ou de poulet, des viandes fortement appréciées par le chien et par le chat.

Les protéines sont aussi un facteur d’appétence chez le chien comme le chat, ils préfèrent tous deux des protéines d’origine animale que d’origine végétale. Les chats vont chercher à combler leur besoin en protéines et vont rechercher un aliment riche en protéines (Hewson-Hugues, 2011).  Les protéines animales de qualité, apportées par la viande musculaire et les abats nobles permettent de satisfaire les besoins du chien et du chat et vont flatter son palais. Utiliser des morceaux de viande et d’abats crus, et donc non transformés permet d’apporter également les graisses porteuses de saveurs. 

  • Dans nos Mijotés pour chien, le taux de protéines sur matière sèche varie autour de 50% environ selon les recettes, la matière grasse est proche de 40%.
  • Dans nos Mijotés pour chat, le taux de protéines varie entre 60 et 65% sur matière sèche, la matière grasse varie entre 20 et 25%.

Tous ces taux sont favorisés par le chien comme le chat dans l’alimentation. En effet, ils ont un besoin en protéines important et apprécient la matière grasse.

De plus, le taux de glucides de 3% est suffisant pour un apport en fibres nécessaires et en sucre, toutefois le chat n’a pas d’appétence particulière pour le sucre et le chien ne doit pas en abuser (tout comme nous).

Les matières minérales, calcium, phosphore et sodium sont présents pour équilibrer leur alimentation et assurer leurs besoins nutritionnels.

b – Grâce à la qualité des ingrédients et leur faible transformation

La qualité des protéines est primordiale dans l’alimentation (voir notre article sur la qualité des protéines). Les protéines présentes doivent fournir des acides aminés indispensables et doivent aussi être digestes. Il est donc important d’avoir de la viande ou du poisson de bonne qualité et frais afin de s’en assurer. Les morceaux de viande musculaire et d’abats rouges (cœur, foie, langue, …) utilisés contiennent peu de collagène, tissu riche en protéines mais à consommer en petites quantités car très déséquilibré en matière d’acides aminés.

La viande de porc et de poisson est incorporée fraîche dans nos préparations. La viande de poule est crue mais réceptionnée surgelée. Cette surgélation est réalisée avec soin par notre fournisseur sur la viande fraîche pour garantir sa qualité.

La qualité des huiles et des graisses est aussi importante, de leur extraction jusqu’à leur incorporation à l’aliment (Doc animaux). L’huile de Colza que nous utilisons est stable à la cuisson et présente l’avantage d’avoir une odeur et un goût très peu prononcé. Ainsi elle permet un apport de qualité en oméga 3 sans perturber l’appétence du produit. Les graisses animales, riches en oméga 6 et en saveurs, sont naturellement présentes dans les morceaux utilisés.

c – Les limites et avantages du process de conservation pour l’appétence par rapport à un aliment cuisiné frais

Un aliment cuisiné à la maison a l’avantage d’être frais et (normalement) et donc dépourvu de défauts liés à la conservation. Cependant, il se conservera très peu de temps : 2 ou 3 jours au réfrigérateur ; si vous le congelez, il pourra se conserver plus longtemps.
Ajouter un processus de conservation comme la déshydratation, la cuisson-extrusion ou la stérilisation impliquent de stabiliser le produit d’un point de vue microbiologique : aucun développement de micro-organisme n’est possible pendant la période de conservation (plus de détails dans notre prochain article).

Lorsque l’alimentation (sèche ou humide) est exposée trop longtemps à l’air libre, deux phénomènes se produisent. D’une part, il se produit une dessiccation : l’eau est perdue. Alors, l’aliment s’assèche et se délite (Garot C., 2019). D’autre part, il se produit une oxydation des huiles et matières grasses insaturées : le rancissement (Meyrueix A., 2013), également appelée peroxydation lipidique. C’est ce qui crée, entre autres, un goût et une odeur désagréables de poisson. Les principales victimes du rancissement sont les acides gras insaturés dits oméga 3 (l’acide α-linolénique, l’acide eicosapentaénoïque ou EPA, et l’acide docosahexaénoïque ou DHA), qui sont pourtant essentiels pour nos animaux. Lors de cette péroxydation lipidique, des produits de rancissement se forment ; ils sont nocifs pour la santé, voire toxiques.
Ces modifications des qualités organoleptiques diminuent fortement l’appétence de l’aliment. Pour éviter cela avec un aliment sec, il faut suffit d’évacuer le plus d’air possible du paquet et de le refermer hermétiquement. Ces phénomènes peuvent également se produire dans une alimentation humide (ménagère ou industrielle), une fois distribué et laissé à l’air libre plusieurs heures voire jours. Certains animaux y sont sensibles, ce qui peut contribuer à leur faire refuser de consommer un aliment resté à l’air libre trop longtemps.

Un cocker qui déguste avec plaisir un délicieux pot de Mijoté pour chien




Conclusion : 

Ainsi, les facteurs d’appétence sont fortement utiles dans une alimentation peu appétente ou à but diététique afin de la rendre appétissante pour l’animal. L’humain, tout comme son animal de compagnie peuvent en profiter grâce à des odeurs plus agréables mais aussi un goût ou une texture meilleure.

Toutefois, une alimentation contenant des ingrédients que l’animal apprécie et de bonne qualité ne nécessite pas forcément de facteurs d’appétence, selon sa formulation, comme c’est le cas pour nos Mijotés.

Sources 

AFSSA, Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, 2005. Eléments de réflexion proposés en vue de la révision des lignes directrices pour l’évaluation des additifs destinés à l’alimentation animale : efficacité des additifs chez les animaux d’élevage, de compagnie et de loisirs. Disponible sur : https://www.anses.fr/fr/system/files/ALAN2002sa0232.pdf (consulté le 21/11/2021)

De Ratuld A. et al. Facteur d’appétence fermenté et dépourvu de protéines animales pour animaux. Brevet EP1933635B1 [en ligne]. 20 juillet 2006. Disponible sur https://data.epo.org/publication-server/document?iDocId=3464479&iFormat=2 (consulté le 21/11/2021)

Diana Petfood : Appetizer, 2018. Kibble coating: how to maximize palatability performance. https://www.appetizerblog.com/en/kibble-coating-how-to-maximize-palatability-performance/ (consulté le 21/11/2021)

Diana Petfood : Appetizer, 2019. Cat food: How to make the most palatable kibbles. https://www.appetizerblog.com/en/cat-food-how-to-make-the-most-palatable-kibbles/ (consulté le 21/11/2021)

Diana Petfood, 2021. SPF réinvente l’appétence des aliments afin d’améliorer l’expérience sensorielle des chats et des chiens, et de faire de leur repas un moment de plaisir partagé. https://www.diana-petfood.com/nam-fr/spf/ (consulté le 21/11/2021)

Diard N., 2004. Le comportement alimentaire du chien et du chat : synthèse bibliographique et étude expérimentale des phéromones sur l’ingère volontaire et le bien-être comportemental des animaux hospitalisés à l’ENVT. Toulouse : L’Université Paul-Sabatier, 120 p. (Thèse Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse). Disponible sur : https://oatao.univ-toulouse.fr/5921/1/diard_5921.pdf (consulté le 21/11/2021)

Doc animaux. Tout savoir sur l’appétence chez le chien : infos et conseils santé. https://doc-animaux.fr/content/tout-savoir-sur-l%E2%80%99app%C3%A9tence-chez-le-chien-infos-et-conseils-sant%C3%A9 (consulté le 21/11/2021)

Garot C., 2019. Nouvelles tendances nutritionnelles chez le chat : élaboration d’un guide sur les différents types de rations. Lyon : L’Université Claude-Bernard – Lyon I, 180 p. (Thèse Vetagrosup)

Meyrueix A., 2013. Contribution à l’élaboration d’une enquête de perception des aliments complets chez les éleveurs de chiens ou de chats. Créteil : la faculté de médecine de Créteil, 110 p. (Thèse Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort). Disponible sur : http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=1418 (consulté le 21/11/2021)

Auteure : Célia Pin, étudiante ingénieure à Oniris, école nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l’alimentation et Lucie Leclerc de Pattes Blanches Nutrition.

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