Vous donnez une alimentation de qualité à votre chat mais vous interrogez sur ses besoins en eau ? D’ailleurs, chiens et chats ont-ils des besoins similaires ?

Si pour tous deux, l’eau est un nutriment essentiel à leur bonne santé, le chat a certaines spécificités qu’il est important de connaître pour minimiser les risques de déshydratation ou de calculs urinaires.

Dans cet article, nous expliquerons pourquoi l’eau est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme félin et ferons également le point sur les avantages d’une alimentation humide, type pâtée ou terrine, pour couvrir ses besoins quotidiens en eau.

1 – Les fonctions de l’eau dans le corps

Bien que les animaux puissent survivre après avoir perdu la majeure partie de leur graisse corporelle et plus de la moitié de leurs protéines, perdre seulement 10% de l’eau corporelle conduit à la mort (Case et al., 2011).

Autant dire que l’eau est LE nutriment indispensable à la survie de tout animal !

Sa fonction première est d’agir tel un solvant pour servir de véhicule aux nutriments et faciliter les réactions cellulaires. L’eau influe également sur la température corporelle du chat en limitant l’augmentation de la chaleur due aux différentes réactions chimiques du corps.

Elle joue aussi un rôle essentiel dans la bonne digestion du chat en participant au phénomène de l’hydrolyse (division des grosses molécules en plus petites par l’addition d’eau). L’eau facilite ainsi le contact entre les enzymes digestives et les différents composants alimentaires.

L’eau est également nécessaire au processus d’élimination des déchets produits par le corps via les reins, car celui-ci nécessite de grandes quantités d’eau. Force est de constater que l’eau est un nutriment qui intervient sur plusieurs fonctions essentielles de l’organisme du chat.

2 – Les pertes d’eau chez le chat

Tout animal perd quotidiennement de l’eau par 3 voies naturelles : les urines, les selles et la sudation. Cela est aussi valable pour nos amis félins.

  • Les urines : la plus grande quantité d’eau perdue par l’organisme du chat provient de ses urines. Cette perte d’eau lui permet d’éliminer les déchets métaboliques, même si au niveau des reins, une petite partie de cette eau est réabsorbée.
  • Les selles : la seconde perte d’eau chez le chat se fait par voie fécale : elle n’implique néanmoins qu’une faible perte d’eau, excepté si le chat souffre de diarrhées.
  • La sudation : contrairement à l’homme, le chat dispose d’un faible nombre de glandes sudoripares. Sa « transpiration » se fait donc surtout par la respiration au niveau des poumons. Cette perte est particulièrement importante pour la régulation de la température corporelle, notamment lors des températures estivales.
    En cas de fortes chaleurs, elle est intensifiée par le halètement. Le halètement augmente l’eau perdue lors de la respiration et évacue ainsi la température excédentaire. (Case, et al., 2011)

Que ce soit par les urines, les selles ou la sudation, il est important de retenir que les pertes hydriques quotidiennes doivent impérativement être compensées par les différents apports en eau du chat.

3 – Les sources d’eau

Il existe 3 sources possibles d’apport en eau pour le chat : l’eau dite « métabolique », l’eau présente dans son alimentation et l’eau de boisson.

  • L’eau métabolique : il s’agit de l’eau produite lors de l’oxydation de nutriments riches en énergie dans le corps. La dégradation des glucides, protéines et lipides produit de l’eau : celle des graisses engendre les plus grandes quantités d’eau métabolique. Mais, par rapport aux autres sources d’eau, l’eau métabolique représente une portion assez faible : 5 à 10 % de l’apport quotidien en eau chez la plupart des animaux.
  • L’eau contenue dans l’alimentation : tout dépend du type d’aliment consommé par le chat. Les croquettes contiennent 7% à 10% d’eau là où les pâtées contiennent jusqu’à 84% d’eau. Certaines études ont montré que chats et chiens sont capables de conserver leur équilibre hydrique sans autre source d’eau que celle contenue dans un aliment de plus de 67% d’humidité (humidité d’une proie) Case, 2011. Une autre étude parue en 2017 montre que l’eau totale consommée et l’émission d’urine était plus importante chez les chats ayant consommé de la pâtée.  (2,7 fois plus d’eau totale consommée et 3,7 fois plus d’urine avec la pâtée qu’avec les croquettes). (Thomas, et al. , 2017). Il faut noter qu’une plus grande émission d’urine permet de prévenir, chez le chat, les risques de calculs urinaires ou urolithiase. Par ailleurs, l’avantage de l’eau contenue naturellement dans l’alimentation humide est qu’elle est plus pure que l’eau du robinet. Et l’eau présente dans l’aliment facilite directement la digestion et participe à l’effet satiétogène du chat en tendant la paroi de l’estomac.
  • L’eau de boisson. Sa quantité dépend de plusieurs facteurs: la température extérieure, le type d’alimentation, l’état de santé et le statut physiologique de l’animal (est-il stérilisé, s’agit-il d’un adulte ou d’un chaton ?, …). Ainsi, plus un chat fera d’exercice et plus il consommera d’eau pour compenser celle perdue pour refroidir son corps. De même, la quantité d’énergie consommée par son corps influera sur sa consommation d’eau : plus l’énergie augmente et plus les déchets métaboliques et la chaleur produite lors de la digestion augmentent. De ce fait, le corps aura besoin de plus d’eau pour évacuer les déchets via les urines et participer ainsi à la régulation de la température corporelle de l’animal. Malheureusement, les chats semblent moins précis que les chiens dans leur ajustement d’eau de boisson, ce qui peut les conduire facilement à une sous-consommation hydrique. (Case, et al., 2011).

4 – Les spécificités hydriques du chat

Originaire du désert, le chat boit rarement et de façon sobre. Il est en fait peu sensible à la sensation de soif, ce qui explique qu’il ait plus de difficultés que le chien à adapter son abreuvement à ses besoins hydriques. « Ainsi il ne peut rétablir un déficit hydrique supérieur à 4% de son poids vif (contre 8% pour le chien). » (Jean-Philippe et Wolter, 2014).

Il faut donc faire attention en cas de passage sans transition d’une alimentation humide à une alimentation sèche. Si le chat ne compense pas assez rapidement son ingestion complémentaire d’eau, il risque un déficit hydrique. Cette sous-consommation d’eau engendrera une diminution de la diurèse (émission d’urine) exposant le chat à un risque d’urolithiase (calculs dans les voies urinaires ou calcification dans l’appareil urinaire.) Car il faut savoir que la production d’urine chez le chat est faible (une miction par jour en moyenne), ce qui implique des urines déjà très concentrées et une prédisposition du chat à la formation de calculs rénaux.

Comment détecter un état de déshydratation chez le chat ? Par la « persistance du pli cutané provoqué, élévation de l’hématocrite ou mieux par la concentration protéique plasmatique accompagnant une forte perte de poids. Une soif abusive manifeste volontiers des troubles rénaux ou diabétiques. » (Jean-Philippe et Wolter, 2014).

Pour prévenir ces problèmes de santé, il conviendra donc de renforcer l’abreuvement sur cette période d’adaptation. On peut alors augmenter l’appétence de son eau grâce à l’ajout d’un peu de lait ou de jus de viande ou rehausser légèrement la teneur en sel de l’aliment afin d’accroître la sensation de soif et augmenter la quantité d’eau bue par le chat. (Jean-Philippe et Wolter, 2014). Attention bien sûr à utiliser cette solution avec parcimonie et l’éviter dans les cas de pathologie cardiaque.

En conclusion, pour maintenir la bonne santé de votre chat et minimiser les risques de calculs rénaux, veillez à ce que son apport en eau compense toujours ses pertes hydriques, que ce soit par l’eau contenue naturellement dans son alimentation (pâtée, terrine) ou par sa prise de boisson.

Le chat doit avoir accès en permanence à une eau fraîche et renouvelée, idéalement dans un récipient en verre, qui dégage moins d’arômes désagréables que le plastique. (Jean-Philippe et Wolter, 2014).

Et si jamais votre chat boit plus que de raison, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire.

Auteure : Sarah Frison

SOURCES :

Case, Linda P., et al., éd.  Canine and feline nutrition : a resource for companion animal professionals. 3rd ed. Maryland Heights, Mo: Mosby, 2011, pp 9-11.

Jean-Philippe, C., et Wolter, R., Alimentation du chat, 2014.

Thomas, D. G., et al., « The effect of changing the moisture levels of dry extruded and wet canned diets on physical activity in cats ». Journal of Nutritional Science 6 (17 avril 2017). https://doi.org/10.1017/jns.2017.9.

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